L’engagement bénévole remarquable de Valérie Chokron et Frédéric Dayan
Pour Frédéric Dayan et Valérie Chokron, le bénévolat n’est pas une option : c’est un véritable mode de vie. Depuis des années, ce couple affable et passionné consacre son temps, son énergie et ses talents au service de notre communauté, convaincu que chaque action compte pour la renforcer et transmettre l’héritage sépharade à leurs enfants.
Valérie s’implique bénévolement depuis sa jeunesse. C’est son cousin, feu James Dahan, dit Cabri – son totem scout –, figure majeure de la communauté sépharade et leader du mouvement scout des Éclaireurs israélites au Canada, qui l’a initiée aux rudiments du bénévolat communautaire. Ses parents, Moïse et Stella Chokron, l’ont toujours encouragée à participer aux camps, notamment Mayanot, et aux activités organisées par la communauté sépharade. C’est là qu’elle a pris conscience de l’importance de se mobiliser pour sa communauté et de préserver l’héritage culturel sépharade.
« Le bénévolat, c’est avant tout partager ce que l’on a reçu, dit-elle. Être solidaire de sa communauté, c’est fondamental, particulièrement en ces temps si ardus pour le peuple juif. Nous voulons montrer à nos enfants que donner de son temps, c’est aussi précieux que donner de l’argent. »
Aujourd’hui, Valérie est très engagée bénévolement auprès de plusieurs organisations communautaires. À la Fédération CJA, elle a été coprésidente du programme Choices, qui reconnaît et célèbre le leadership féminin juif. En 2017, elle a également joué un rôle de premier plan dans la mégamission en Israël de la Fédération CJA – plus de 1000 participants – en assumant la responsabilité, à titre de cocapitaine, de l’un des treize bus. Elle a convaincu un grand nombre de femmes sépharades faisant partie du bus 5, qu’elle codirigeait, d’accroître leur don à la Campagne de l’Appel juif unifié (AJU) afin de devenir membres de la prestigieuse organisation Lion de Judah, qui compte plus de 20 000 femmes dans le monde. Cette année-là, son bus a été celui qui a recruté le plus grand nombre de nouvelles membres du Lion de Judah. Elle a participé à plusieurs levées de fonds communautaires et est très active au sein de la Communauté sépharade unifiée du Québec (CSUQ), notamment dans le tournoi de golf annuel organisé par celle-ci.
Frédéric a grandi dans une famille où le bénévolat était une valeur fondamentale. Son père, Raoul Dayan, décédé en 1990, fut l’un des leaders sépharades les plus admirés et les plus engagés de la communauté juive de Montréal. En 1987, il avait présidé la Campagne sépharade de l’AJU. Trente ans plus tard, en 2017, Frédéric reprenait le flambeau en présidant à son tour avec grand succès cette campagne philanthropique. Aujourd’hui, il est coprésident, avec Yohan Ohayon, de la Congrégation Nahar Chalom, sise à Hampstead.
« Mes parents ont transmis à mes deux sœurs et à moi leur profond amour pour notre communauté et pour notre héritage religieux et culturel sépharade. Nous les avons toujours vus s’impliquer communautairement. Cela nous a donné le goût de faire pareil. Le bénévolat nous enseigne la responsabilité, la solidarité et le respect des autres. Nous sommes privilégiés d’appartenir à une communauté exemplaire et inspirante, soucieuse de ses membres les plus vulnérables. À ce chapitre, la CSUQ accomplit un travail admirable par l’entremise de son programme Hessed, fondé et présidé par Marc Kakon », confie-t-il.
Depuis plusieurs années, le couple s’implique activement dans l’un des événements phares de la CSUQ, le tournoi GolfSwing, qui se tiendra le 22 juin 2026 au Club Elm Ridge, à L’Île-Bizard.
Frédéric sera coprésident, avec Lionel Chriqui, de l’édition 2026.
« Le rôle de coprésident du tournoi GolfSwing est avant tout rassembleur et stratégique. Le succès de cet événement communautaire est le fruit du travail colossal accompli par une équipe exceptionnelle de bénévoles et de professionnels de la CSUQ, dirigée par Benjamin Bitton, directeur général. Armand Afilalo, leader communautaire très dévoué et président de la Fondation CSUQ, insuffle depuis plusieurs années un dynamisme contagieux à cet événement », rappelle Frédéric.
Valérie est ravie d’être associée à ce tournoi de golf parrainé par la CSUQ et sa fondation, dont les fonds recueillis sont destinés à soutenir les programmes jeunesse et à permettre à des jeunes issus de milieux défavorisés d’y participer. Elle a d’ailleurs déjà coordonné la section féminine du tournoi lors d’éditions précédentes.
« Quand Armand Afilalo m’a demandé de m’impliquer dans l’organisation du tournoi GolfSwing, j’ai accepté sans hésiter. Se mobiliser pour une cause aussi fondamentale – appuyer les programmes jeunesse de la CSUQ – est un privilège. Ce tournoi est bien plus qu’un simple événement sportif : c’est un moment de rassemblement, de réseautage et de solidarité communautaire. Les participants, qu’ils soient golfeurs expérimentés ou amateurs, vivent une expérience conviviale tout en soutenant une cause noble. Pour l’édition 2026, je me suis fixé comme mission de recruter davantage de golfeuses. Les femmes excellent aussi sur les terrains de golf ! » explique-t-elle.
Au-delà du bénévolat, Valérie et Frédéric accordent une grande importance à la préservation et à la transmission de l’héritage sépharade. Leurs trois fils – Gabriel (26 ans, médecin, résident en oto-rhino-laryngologie à l’Université de Montréal), Éric (23 ans, diplômé en génie informatique de l’Université McGill) et Jeremy (19 ans, étudiant en année préparatoire en médecine à l’Université McGill) – ont tous fréquenté l’École Herzliah avant de poursuivre leurs études supérieures dans des établissements anglophones. Pour qu’ils restent connectés à leur identité sépharade francophone, leurs parents les ont toujours encouragés à participer aux camps de la CSUQ (Kif Kef, Benyamin, etc.).
« Il est essentiel qu’ils gardent leur culture et leurs traditions sépharades ainsi que la langue française qui nous est si chère. Les camps jeunesse de la CSUQ sont un creuset fondamental de transmission de l’identité sépharade. Gabriel, Éric et Jeremy les ont adorés », souligne Valérie.
Frédéric, de son côté, se montre à la fois lucide et optimiste quant à l’avenir du séphardisme chez les jeunes.
« Regrettablement, il est vrai que la francophonie au sein de notre communauté perd des plumes ! Les jeunes sépharades sont de plus en plus anglicisés. Mais ce glissement linguistique n’affecte aucunement leur identité sépharade. Ils adorent nos traditions, notre liturgie, notre cuisine, notre musique et notre joie de vivre. Cela renforce mon optimisme », confie-t-il.
Chez les Dayan-Chokron, cette transmission identitaire se vit aussi au quotidien. Le couple organise des fêtes traditionnelles, comme la Mimouna ou la Soucca, à la fête de Souccot, et accueille famille et amis dans une ambiance très sépharade, empreinte de joie, de partage et de solidarité.
Ils ont transmis à leurs trois enfants leur goût du bénévolat et une véritable culture du don. Gabriel, Éric et Jeremy font du mentorat bénévole à Banav, un organisme éducatif à but non lucratif venant en aide aux jeunes ayant des difficultés d’apprentissage, et participent activement à des activités communautaires, notamment au Chabad, et à des collectes de fonds. Gabriel contribue chaque année à la Campagne de l’AJU. Cette année, Éric a décidé de suivre l’exemple de son frère aîné en y contribuant à son tour.
Une réalité sinistre taraude toute la famille : la montée inquiétante de l’antisémitisme depuis les événements tragiques du 7 octobre 2023.
« Malheureusement, cette recrudescence brutale de l’antisémitisme est devenue un sujet constant de discussion dans les familles juives. Nous sommes inquiets pour nos enfants, confrontés à ce fléau à l’université, et parfois même dans leur milieu de travail. Je suis arrivé à Montréal avec ma famille en 1976. C’est la première fois que je m’interroge sur mon avenir ici. J’espère de tout cœur, lorsque la guerre à Gaza sera terminée, que Montréal redeviendra la ville paisible et accueillante que j’ai toujours aimée », confie Frédéric.
Valérie partage pleinement la préoccupation de son époux.
« Les temps que nous traversons prouvent combien il est essentiel d’avoir une communauté forte et résiliente sur laquelle s’appuyer. C’est pourquoi il faut s’engager. Le bénévolat est une véritable clé de résilience. »
Le parcours de Valérie Chokron et Frédéric Dayan rappelle que la culture et l’héritage se transmettent non seulement par les mots, mais surtout par l’action – et que le bénévolat demeure le cœur battant d’une communauté vivante et solidaire.
