Rencontre avec un leader communautaire passionné, Lionel Chriqui
Même s’il a rarement une minute à lui et qu’il occupe des fonctions importantes dans le monde de la gestion de l’investissement – en tant que conseiller principal en gestion de patrimoine et gestionnaire de portefeuille à la Financière Banque Nationale –, Lionel Chriqui n’a pas hésité à s’impliquer quand on lui a demandé de coprésider la Campagne Hessed cette année.
« Dans notre communauté, assure-t-il, il y a beaucoup de gens qui ont à cœur de donner, de redonner encore, et qui disent spontanément oui quand on les sollicite. Des gens qui comprennent que, malheureusement, on n’est pas tous chanceux dans la vie. Et quand en plus, ils donnent avec le sourire, ça nous motive tellement à nous tourner vers eux et à essayer de dépasser nos objectifs. Vraiment, nous avons une belle communauté. »
Son implication n’est pas nouvelle. Pour la troisième année consécutive, Lionel Chriqui a coprésidé le tournoi de golf, GolfSwing, en juin dernier – et même s’il redoutait de ne pas pouvoir amasser les 260 000 $ que le comité s’était fixés, l’objectif a été atteint : « Nous étions vraiment soudés – la direction de la CSUQ, le comité, les bénévoles –, tout le monde a fait du très bon travail. »
Pour Lionel Chriqui, ces campagnes de financement sont vraiment devenues un rendez-vous pour tous. Déjà pour le tournoi GolfSwing 2026 : « Souvent, les conversations téléphoniques n’ont pas eu besoin d’être bien longues. Parfait, 5000 $. Moi j’y vais pour 2600 $. Moi, je veux financer les casquettes. Moi, les bouteilles d’eau… Les gens attendent cette journée avec impatience et ils savent bien que derrière tout ça, l’idée est d’aider les programmes Jeunesse de la communauté sépharade. Et donc, nos enfants. »
Même si les objectifs sont d’un tout autre ordre pour la Campagne Hessed – l’an dernier, un montant record proche de 1,1 million de dollars a été atteint –, l’engouement est toujours le même : « Dans la communauté, nous avons la chance d’avoir beaucoup d’entrepreneurs et de professionnels, dit-il. Et même si nous sommes restreints en termes d’espace – le jour J, on ne peut pas recevoir 600 ou 800 personnes comme sur un terrain de golf – et malgré le prix des tables qui va de 15 000 $ à 50 000 $, la communauté répond présente. Il y a même des gens qui nous ont donné 100 000 $. »

Lionel Chriqui est convaincu que le principe de la Tsedaka est le secret et fait la force de la communauté dans le monde.
« La Tsedaka peut venir répondre à tant de besoins ! ajoute-t-il. Aider des familles à poser à manger sur leur table, aider des parents de sept ou huit enfants en attendant qu’ils retrouvent un travail. Ce n’est pas du cinéma, il faut aider vite, tout de suite, c’est un besoin réel et urgent. Et tous les donateurs le comprennent bien, malgré l’ampleur de la Campagne. Vraiment, si nous ne sommes pourtant que 100 000, nous avons une communauté exemplaire à Montréal quand il s’agit de donner : d’ailleurs, on l’a bien vu après le 7 octobre. »
Cette envie de réparer, de faire justice et de toujours se tenir aux côtés des plus démunis, elle lui a été bien sûr inspirée par Marc Kakon, le fondateur et président passionné du programme Hessed. Mais elle lui vient aussi de loin. Déjà au Maroc où il a grandi jusqu’à l’âge de 18 ans et auquel il reste très attaché – « J’ai vécu la moitié de ma vie à Casablanca ! » –, il a toujours vu ses parents très impliqués dans le domaine communautaire. En particulier sa mère, qui a collaboré pendant plus de vingt-cinq ans avec le bureau marocain de l’AJDC (l’American Joint Distribution Committee), la plus grande organisation humanitaire juive du monde, basée à New York.
« Elle recevait les groupes de donateurs, souvent de grosses fortunes internationales qui venaient voir comment vivait la diaspora juive du Maroc. Et à Shabbat, bien sûr, ils étaient chez nous à la maison… Je crois que je ressemble à ma mère, c’est elle qui m’a bien montré qu’il ne faut jamais rester indifférent devant quelqu’un qui est dans le besoin. Et qu’il faut toujours savoir ouvrir son cœur et sa poche. »
Bien que plus discret, son père a toujours été là aussi pour pousser la famille à donner et toujours donner sans jamais s’inquiéter pour soi-même.
« Tant qu’on a la Emouna – la foi, la confiance –, m’a appris mon père, rien ne peut mal aller. Et ce sont ces valeurs que j’essaie de transmettre à mon tour à mes deux garçons et mes deux filles. Ils sont encore petits, mais ils nous voient faire et comprennent déjà combien c’est important de ne pas laisser les autres dans le besoin. »
Car le message passe de génération en génération. Lionel Chriqui se souvient comment son fils de 11 ans a été ému lorsqu’à la veille de Pessah, une famille en difficulté s’est discrètement présentée chez eux et que son père a pu l’aider grâce au programme Hessed : « Ce jour-là, mon fils a très concrètement compris le sens du partage et l’importance de donner. »
Et quand il a vu sa petite fille de 7 ans – qui n’a évidemment encore aucune notion de la valeur de l’argent – remettre à un mendiant les 20 $ qu’elle conservait précieusement depuis des semaines dans son petit porte-monnaie, il a compris que la relève familiale était assurée.
« Oui, dit-il, dans la famille nous formons une belle équipe. Mon épouse a un cœur encore plus gros que le mien, elle travaille dans le domaine de la santé où elle s’occupe tout le temps des autres. Donc elle n’est pas aussi impliquée que moi dans le domaine communautaire, mais elle me pousse tout le temps à m’engager. Même si je suis déjà bien occupé par mon travail et que je la laisse gérer pour ce qui est de la maison et des enfants. Car c’est vrai que je n’ai pas beaucoup de temps libre et que tant que je n’ai pas tout biffé sur mes listes, je n’arrive pas à décrocher. Je suis un vrai Capricorne ! »
Un Capricorne qui semble sourire en permanence. Que ce soit à la Financière Banque Nationale, où il est à la tête d’une équipe d’une quinzaine de conseillers en placement et de gestionnaires de portefeuille, ou bien dans le domaine communautaire dans lequel il s’implique à fond.
« Le secret du sourire, c’est la passion, dit-il. En fait, quoi qu’on fasse, c’est elle le secret de tout ! »
