Ness Elbaz, du courtage immobilier au bien-être
Au Centre de Bien-Être Wellness Privé, situé au 5475 rue Paré #107, à Mont-Royal (wellnessprive.ca), les murs respirent la sérénité, dans les cabines les lumières sont tamisées, des étoiles sont projetées au plafond, tandis qu’une douce odeur florale embaume l’atmosphère.
Son fondateur, Ness Elbaz, accueille ses clients avec son sourire contagieux. Pourtant, il y a quinze ans, cet homme au parcours atypique était courtier immobilier et hypothécaire, enfermé dans un rythme effréné qui allait le mener tout droit vers l’épuisement.
En 2012, Ness Elbaz jonglait avec les transactions immobilières, les dossiers hypothécaires et trois jeunes enfants.
« Je prenais tout à cœur, je me donnais à 2000 % », se souvient-il. Perfectionniste et empathique, il s’investissait corps et âme pour ses clients, au point de négliger les signaux d’alarme de son propre corps. Jusqu’au jour où des douleurs abdominales atroces le conduisirent à l’urgence.
« J’ai cru que j’allais mourir », se souvient-il.
Allongé sur un lit d’hôpital, sous l’effet d’un puissant calmant, il a un moment de clarté et comprend que le stress l’a mené là. « Je me suis dit : qu’est-ce que tu fais ? Tu vas peut-être trop vite et ce n’est peut-être pas ta voie. »
Sur les conseils d’une cliente, il se rend à un cours de yoga.
« Si tu m’avais dit que j’allais devenir instructeur de yoga, je t’aurais dit jamais de la vie », s’amuse-t-il.
Pourtant, dès cette première séance avec Bruce, un instructeur de yoga jamaïcain, quelque chose se produit.
« C’est comme si j’avais avalé une pilule, et tout de suite j’ai ressenti un immense bienfait. »
Rapidement, le yoga devient alors une nécessité. Ness découvre différents studios et multiplie les pratiques.
« On aurait dit que je venais de découvrir quelque chose que personne n’avait encore découvert, comme un puits de pétrole, une mine d’or », dit-il avec enthousiasme.
« J’avais découvert ce moment où on arrive à atteindre le silence dans notre esprit, où nos pensées s’arrêtent. »
Parallèlement, il continue son travail en immobilier en étant plus recentré.
Désireux d’en apprendre plus sur le yoga, il suit une formation pour devenir instructeur auprès du Dr Bali. Ce maître indien de plus de 80 ans a développé une approche thérapeutique mêlant yoga, respiration profonde et méditation pour réduire le stress. Il a ainsi pu aider de façon complémentaire de nombreux patients souffrant de cancer. C’est dans un petit studio rudimentaire du centre-ville de Montréal que ce mentor lui transmet une philosophie qui transformera sa vie : « Le yoga est comme un arbre. Les techniques de respiration, les postures, la méditation sont comme les branches, les feuilles, mais elles sont là pour un seul objectif : suspendre le bavardage mental. »
Ness commence à enseigner d’abord bénévolement au Centre Hope & Cope de l’Hôpital général juif de Montréal, auprès de personnes en traitement contre le cancer.
« Je leur disais : le traitement, c’est 20 % de votre solution, 80 % est à l’intérieur de vous », explique-t-il en les incitant à penser positivement.
Il réalise qu’il touche les gens et continue alors d’enseigner partout : au centre Hope & Cope, mais également en privé dans différents centres, salles de gym, chez différentes personnes et en entreprise.
« C’est durant ma formation d’instructeur de yoga que j’ai eu l’occasion d’observer à plusieurs reprises le Dr Bali intégrer des techniques de massothérapie lors de séances privées de yoga thérapeutique. En m’expliquant comment le massage peut aider le participant à réduire son anxiété, à diminuer son stress et à favoriser un meilleur bien-être, il m’a ouvert la voie vers une approche plus complète. Inspiré par cette complémentarité, j’ai choisi de me former en massothérapie, puis de me spécialiser par la suite en kinésithérapie, massage prénatal. »
Un ami chirurgien maxillo-facial lui suggère ensuite de se spécialiser dans le massage thérapeutique de la mâchoire. Il s’envole alors aux États-Unis pour suivre une formation continue en massage intraoral neuromusculaire pour les personnes souffrant de troubles de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM). Dès le début de sa pratique, son désir de comprendre en profondeur les douleurs et les troubles de l’ATM l’amène à dépasser le cadre habituel de la massothérapie. Il observe des spécialistes reconnus au Québec, assiste même à certaines chirurgies orthognathiques afin de mieux saisir l’anatomie et ce que vivent les patients.
En constatant que chez la majorité des personnes souffrant de troubles de l’ATM le bruxisme (le fait de serrer ou de grincer des dents) est souvent lié au stress et à l’anxiété, il comprend qu’on ne peut pas simplement traiter un muscle. Il développe alors une méthode personnalisée qui vise autant la détente du système nerveux que la libération des tensions musculaires.
Aujourd’hui, son centre de bien-être compte trois cabines de massage et une équipe de massothérapeutes triés sur le volet. Dentistes, orthodontistes et chirurgiens lui recommandent régulièrement leurs patients souffrant de troubles de l’ATM. Mais au-delà de la technique, c’est l’approche humaine qui fait la différence.
« On travaille avec les mains, mais on travaille avec le cœur d’abord. C’est le cœur qui dirige nos mains », affirme celui qui a assuré les séances de massothérapie lors des deux derniers tournois de golf de la CSUQ.
Entre le yoga thérapeutique qu’il enseigne avec passion et la massothérapie spécialisée, Ness Elbaz a affiné une approche profondément humaine.
« J’ai compris que ma mission était d’aider les gens à se sentir mieux », dit-il avec simplicité.
Au centre, cette vision globale se traduit par des programmes pensés pour accompagner les personnes souffrant d’anxiété et de stress chronique, en combinant naturothérapie, séances privées de yoga thérapeutique adaptées à chacun et massothérapie. Une approche intégrée qui, au fil des ans, a permis d’aider de multiples personnes.
De l’immobilier au bien-être, du stress à la sérénité, son parcours illustre une vérité qu’il transmet maintenant à ses clients : « Souvent, on peut être bon dans plusieurs choses. Mais ça ne veut pas dire qu’elles sont faites pour nous. En s’écoutant, on peut trouver la voie qui nous convient. »
