Me Esther Krauze réélue à la présidence de la CSUQ
Bilan de deux années d’action
À l’occasion de l’assemblée générale annuelle de la Communauté sépharade unifiée du Québec (CSUQ), la présidente, Me Esther Krauze, a présenté son rapport moral, dressant le bilan de ses deux premières années à la tête de l’organisation et exposant les priorités qui guideront son second mandat. Elle a été réélue à la présidence de la CSUQ.
Cette assemblée revêtait une signification particulière alors que la CSUQ célèbre cette année son 60e anniversaire.
« Soixante années d’engagement, de vision, de transmission et de construction d’une communauté forte, unie et profondément enracinée dans ses valeurs », a rappelé Esther Krauze.
Pour elle, cet anniversaire constitue à la fois un hommage aux bâtisseurs qui ont façonné notre communauté depuis 1966 et un appel à poursuivre leur œuvre.
« Nous sommes les héritiers de cet engagement, mais aussi les gardiens de cet héritage. »
Dès le début de son mandat, Esther Krauze a établi plusieurs priorités : valoriser les constituantes de la CSUQ, renforcer la transmission de l’identité sépharade, consolider l’autonomie financière de la CSUQ et favoriser l’inclusion des jeunes et des groupes moins présents dans la vie communautaire.
Au fil de son premier mandat, deux dossiers majeurs se sont ajoutés : l’encadrement de la Hevra Kadisha – Confrérie du dernier Devoir – de la CSUQ et du cimetière communautaire Beth Hahayim, ainsi que le développement des relations publiques.
L’un des principaux chantiers de ces deux dernières années a été le renforcement de l’autonomie financière de l’organisation.
La CSUQ a poursuivi ses campagnes de financement traditionnelles tout en développant de nouvelles approches philanthropiques, grâce à des initiatives comme « Mardi je donne », destinées à encourager la culture du don et à soutenir la croissance du fonds de dotation.
« Soutenir nos institutions, financer nos programmes, contribuer à nos campagnes de financement et penser à long terme ne relève pas d’un geste ponctuel, mais d’une responsabilité partagée envers l’avenir de notre communauté », a-t-elle souligné.
Le tournoi GolfSwing, organisé au profit de la Fondation CSUQ, est l’un des piliers de cette stratégie. Présidée par un leader communautaire remarquable, Armand Afilalo, la Fondation CSUQ, dont le capital approche aujourd’hui les deux millions de dollars, finance plusieurs programmes destinés aux jeunes, notamment ceux issus des milieux les plus défavorisés.
Pour Esther Krauze, la Fondation CSUQ est « un pilier essentiel de notre vision à long terme ».
La CSUQ poursuit également sa mission sociale grâce à l’admirable programme Hessed, fondé et présidé par un leader communautaire hors pair, Marc Kakon.

Le gala de Hessed a rassemblé plus de 700 participants et permis d’amasser plus d’un million de dollars afin d’aider les familles dans le besoin. Chaque année, ce programme apporte un soutien discret et respectueux à des centaines de bénéficiaires, illustrant l’une des valeurs fondamentales de la communauté sépharade : la solidarité.
La transmission de l’identité sépharade demeure au cœur des actions entreprises par la CSUQ.
« Nos programmes jeunesse, culturels et éducatifs ne sont jamais de simples activités. Ils transmettent des valeurs, une mémoire, une langue, une culture et un sentiment d’appartenance », a-t-elle expliqué.
Les camps Benyamin, Kadima, Kif Kef et Kerach, l’école de ski Chéleg ainsi que les nombreuses activités sportives et éducatives offertes par la CSUQ contribuent à renforcer l’identité juive et sépharade de centaines de nos jeunes dans un environnement favorisant les valeurs communautaires, la camaraderie et leur sentiment d’appartenance.
Convaincue que l’avenir de la communauté repose sur sa relève, Esther Krauze accorde une attention particulière à la formation de nouveaux leaders. Le Programme de leadership communautaire sépharade a déjà permis de former une première cohorte de jeunes adultes engagés.
« La relève ne se décrète pas. Elle se prépare, s’accompagne et se valorise », a-t-elle insisté.
Dans le même esprit, les voyages éducatifs au Maroc destinés aux élèves du secondaire de l’École Maïmonide, organisés en étroite collaboration avec la CSUQ, permettent aux jeunes de renouer avec leurs racines et leur patrimoine culturel.
Au cours des deux dernières années, la CSUQ a poursuivi son rayonnement culturel par le truchement du Festival Sefarad de Montréal (FSM), coprésidé cette année par Avi Krispine et Didier Benita, et du Festival du cinéma israélien de Montréal (FCIM), coprésidé par Chantal et Gérard Buzaglo, deux événements majeurs qui attirent chaque année des milliers de participants et contribuent à faire connaître la richesse du patrimoine sépharade et de la culture israélienne auprès d’un large public.
Le lien étroit qui unit la communauté sépharade montréalaise à Israël a occupé une place importante dans le rapport moral de la présidente.
Esther Krauze a notamment souligné le retour du voyage Yahad après deux annulations successives. Cette année, près de 140 participants ont pris part à cette expérience, les inscriptions ayant affiché complet en quelques heures.
« Yahad est bien plus qu’un voyage. C’est un geste d’espoir, d’amour d’Israël et d’affirmation identitaire. Le programme Yahad témoigne de l’attachement profond de nos jeunes et de nos familles à Israël, à leur identité juive et à cette expérience unique de connexion, de solidarité et de transmission. »
Le lien avec Israël s’exprime également par la mission des Bar-Mitzvot qui unit depuis de nombreuses années Montréal et Beer-Sheva. Coprésidé par Dominique Ascher Benarroch et Ninette Rosen, ce programme admirable permet à de jeunes garçons, au Québec et en Israël, de célébrer d’une manière marquante leur parcours juif dans un esprit de solidarité et de fraternité.

L’effroyable pogrom perpétré par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi ont profondément marqué notre communauté.
Esther Krauze a rappelé un épisode particulièrement éprouvant : la présence en Israël d’un groupe de quinze jeunes filles participant au programme Desert Wolves lorsque le conflit a éclaté. Dans un contexte d’incertitude et d’inquiétude extrêmes, la CSUQ a dû mobiliser d’importantes ressources afin d’assurer leur sécurité et leur retour au pays.
« La priorité a été claire à chaque instant : assurer la sécurité de notre groupe et de tous les membres de notre communauté présents sur le terrain. »
Grâce à une étroite coordination avec les partenaires israéliens et communautaires, toutes les participantes ont pu rentrer saines et sauves. Esther Krauze a tenu à remercier le directeur général de la CSUQ, Benjamin Bitton, directeur général de la CSUQ, pour son implication déterminante dans cette opération audacieuse,Yair Szlak, chef de la direction de la Fédération CJA, et Sarah Harrouch, superviseure des programmes Jeunesse à la CSUQ.
Sur le plan des relations publiques, la CSUQ a amorcé un travail important qui demeure toutefois à approfondir. Il s’agit d’un axe stratégique essentiel pour notre communauté, mais qui nécessite du temps, de la constance et une approche structurée.

Les échanges amorcés avec la Fédération CJA et le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) ouvrent la voie à une collaboration accrue sur plusieurs dossiers d’intérêt commun.
Dans un contexte marqué par de nombreux défis pour les communautés juives, Esther Krauze estime qu’il est essentiel de développer des partenariats solides et une voix communautaire forte.
Elle a également souligné les initiatives visant à rejoindre certains groupes moins engagés dans la vie communautaire, notamment les adultes de 35 à 55 ans.
« Une communauté forte est une communauté qui fait place à chacun, à chaque étape de la vie », a-t-elle affirmé.
Réélue pour un second mandat, Esther Krauze entend poursuivre le travail amorcé.
Parmi ses priorités figurent la finalisation de la planification stratégique 2027-2032, le renforcement des liens avec les constituantes de la CSUQ, la poursuite des efforts de transmission de l’identité sépharade, l’achèvement de l’encadrement de la Hevra Kadisha et du cimetière communautaire Beth Hahayim, le développement d’une autonomie financière durable ainsi que l’expansion des partenariats et des relations publiques.
« Tant de bases ont été posées, mais il reste encore beaucoup à consolider, à structurer, à approfondir et à accomplir », a-t-elle déclaré.
Dans son rapport moral, Esther Krauze a également tenu à rendre hommage à l’équipe de professionnels dévoués de la CSUQ.
« Tout cela ne serait pas possible sans le travail remarquable de notre équipe de professionnels, que je qualifie souvent de véritables superstars. Leur engagement, leur professionnalisme et leur sens du détail permettent à notre communauté de fonctionner avec rigueur et cohérence à tous les niveaux », a-t-elle déclaré avec reconnaissance.
Elle a rendu hommage au directeur général de la CSUQ, Benjamin Bitton, qu’elle a qualifié de « véritable mensch », saluant son leadership, son dévouement et sa contribution essentielle à la vitalité, à la stabilité et au développement de la communauté.
En conclusion, Esther Krauze a livré un message empreint d’espoir et de responsabilité.
« Notre communauté possède une force extraordinaire. Elle a une âme, une mémoire, une histoire, une capacité de résilience et un potentiel immense. Nous avons la responsabilité de protéger cet héritage, mais aussi de le faire grandir. »
Elle a également eu une pensée particulière pour Israël et pour les communautés juives dans le monde.
« Après des années de guerre, de douleurs et d’incertitudes, nous continuons à espérer, à prier et à croire en des jours meilleurs. Que la paix puisse enfin s’installer, que nos familles puissent vivre en sécurité et que nos enfants grandissent dans un monde plus apaisé. »
À l’aube de son deuxième mandat, Esther Krauze entend poursuivre cette mission avec la même détermination : renforcer la CSUQ, préserver l’identité sépharade, soutenir Israël et préparer les générations futures à porter cet héritage avec fierté.
