« L’avenir du peuple juif est en Israël »
Entrevue avec Benny Bitton, maire de Dimona
Par Elias Levy
Maire de Dimona depuis 2013, Benny Bitton est un sioniste invétéré, fermement convaincu que l’avenir du peuple juif se joue en Israël plutôt que dans la diaspora.
Lors d’une rencontre tenue dans les locaux de la CSUQ, cette figure influente et charismatique du Likoud dans le Néguev a présenté avec passion sa vision de l’avenir de sa ville, qu’il décrit comme « dynamique, ambitieuse et résolument tournée vers le développement ».
Benjamin Bitton, directeur général de la CSUQ, présent lors de la rencontre, a assuré, pour les besoins du présent article, la traduction de l’hébreu au français des propos de Benny Bitton.

Longtemps perçue comme une ville périphérique éloignée des grands centres économiques israéliens, elle connaît depuis plusieurs années une profonde transformation.
Benny Bitton est né à Dimona au sein d’une famille originaire du Maroc ayant fait son alya en 1947. Son père a combattu dans les rangs du Palmach durant la guerre d’indépendance d’Israël.
Très fier de ses racines sépharades et viscéralement attaché à sa ville natale, il parle de Dimona avec une énergie contagieuse, mettant en valeur son essor économique, ses infrastructures modernes et son rôle croissant dans le développement du sud du pays.
Cependant, depuis le pogrom perpétré par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023, Dimona, comme l’ensemble d’Israël, doit composer avec de nouveaux défis sécuritaires. Benny Bitton souligne néanmoins la résilience remarquable de ses concitoyens, l’importance de la solidarité nationale et la nécessité de poursuivre les investissements afin d’assurer la sécurité et la prospérité de la région du Néguev.
Farouchement déterminé et optimiste, il demeure convaincu que l’avenir de Dimona est prometteur.
« Avant le 7 octobre, Dimona était considérée comme une ville très sécuritaire, explique-t-il. Toutefois, les attaques de missiles iraniens ont changé la réalité. Plusieurs quartiers ont été sévèrement touchés par ces attaques balistiques sauvages qui ont causé deux décès et des centaines de blessés. Plus de mille résidents ont été affectés et ont dû être relogés temporairement. »
Face à cette situation d’urgence, la municipalité a rapidement déployé un vaste programme de réhabilitation. Celui-ci s’est articulé autour de trois niveaux d’intervention : les habitations légèrement endommagées ont été réparées dans les plus brefs délais, les bâtiments ayant subi des dommages importants ont fait l’objet de rénovations majeures, tandis que les secteurs les plus gravement touchés ont été démolis afin d’être entièrement reconstruits.
« Malgré cette épreuve, Dimona a fait preuve d’une formidable capacité de résilience. Aujourd’hui, toutes les familles touchées ont été relogées ou sont en voie de retrouver un logement permanent », affirme le maire.
Comme ailleurs en Israël, les municipalités ont dû assumer de nouvelles responsabilités en matière de sécurité civile. À Dimona, explique-t-il, une unité spéciale de sécurité a été créée, les effectifs municipaux ont été renforcés et plus de 26 millions de shekels ont été investis dans la construction d’un centre opérationnel de commandement ultramoderne protégé, capable de fonctionner de manière autonome pendant plusieurs jours afin de coordonner les interventions en cas de crise majeure.
La guerre a-t-elle ralenti la croissance démographique de Dimona ?
« Au contraire, répond Benny Bitton avec entrain. Pendant de nombreuses années, Dimona souffrait d’un exode constant de sa population. Aujourd’hui, nous enregistrons une croissance moyenne d’environ 5 % par année. »
Selon lui, cette progression s’explique par plusieurs facteurs : la qualité de vie, le coût relativement abordable du logement, les perspectives d’emploi favorables et les performances du système éducatif.
« Nous attirons de plus en plus de jeunes familles. Mes propres enfants, qui vivaient auparavant dans le centre du pays, sont revenus s’installer à Dimona. Le ministère israélien de l’Éducation classe notre système scolaire parmi les meilleurs du sud d’Israël, surpassant plusieurs grandes villes de la région. »
Le maire souligne également que la municipalité de Dimona investit massivement dans les infrastructures sportives, les équipements culturels et les services destinés aux familles.
Les projets de développement se multiplient à un rythme soutenu.
« Nous préparons l’avenir de Dimona autour de plusieurs pôles stratégiques. Nous développons actuellement des quartiers destinés aux médecins, aux scientifiques et aux militaires de carrière. Nous travaillons également à l’implantation de nouvelles entreprises technologiques et à la création d’emplois de qualité. »
Plusieurs projets d’infrastructures majeurs sont également en cours de réalisation.
« Une liaison ferroviaire rapide permettra bientôt de rejoindre Tel-Aviv en environ quarante minutes. Nous améliorons également l’accès à l’autoroute 6, la principale artère routière du pays. Notre objectif est clair : faire de Dimona une ville moderne où il est possible de travailler, d’étudier et d’élever une famille tout en bénéficiant d’un coût de la vie inférieur à celui des villes du centre d’Israël. »
Aujourd’hui, l’une des grandes priorités de Dimona est le recrutement de nouveaux médecins.
« Israël fait face à une pénurie de plus de mille médecins. Avec l’Agence juive, l’organisation MedEx – Medical Assistance in Israel – et plusieurs ministères nationaux, nous menons une vaste campagne internationale de recrutement auprès des médecins juifs de la diaspora. Nous avons déjà rencontré près de 500 médecins dans plusieurs grandes villes du monde, notamment à New York, Paris, Marseille, Londres et Buenos Aires. »
Cette initiative s’inscrit dans une vision à long terme visant à renforcer l’offre de soins de santé dans le sud d’Israël.
« Un nouvel hôpital sera construit par le Centre médical Sheba dans les prochaines années. Il sera établi entre Dimona et Beer-Sheva. Nous préparons déjà l’arrivée de nombreux professionnels de la santé. »
Les mesures incitatives proposées aux nouveaux médecins sont substantielles : subventions pouvant atteindre un million de shekels, avantages fiscaux, primes d’installation, ainsi que des conditions avantageuses pour l’acquisition d’un terrain ou d’un logement.
« Un quartier spécialement conçu pour les nouveaux médecins sera également aménagé afin de faciliter leur intégration et celle de leurs familles », précise Benny Bitton.
Le maire de Dimona participe activement aux efforts de mobilisation en faveur d’Israël à l’étranger. Il a récemment pris part au grand défilé annuel de soutien à Israël à New York, aux côtés du président de la Knesset, Amir Ohana, du consul général d’Israël dans cette ville, Ofir Akunis, ainsi que de nombreux dirigeants communautaires juifs américains. Plus de 60 000 personnes ont participé à cet événement, témoignant de leur solidarité indéfectible envers Israël dans la plus grande métropole américaine. Rassemblement boycotté par le maire de New York, Zohran Mamdani.
Benny Bitton se dit toutefois très préoccupé par la montée vertigineuse de l’antisémitisme observée dans les grandes villes occidentales depuis les événements funestes du 7 octobre 2023.
« Malheureusement, l’image d’Israël a été ternie par nos ennemis qui veulent nous exterminer. Nous constatons avec regret que le consensus qui existait autrefois autour du soutien à Israël s’est considérablement érodé, notamment aux États-Unis. »
Selon lui, cette réalité ardue oblige les gouvernants israéliens à adopter un nouveau discours auprès des communautés juives de la diaspora.
« Pendant des décennies, les communautés juives ont soutenu Israël financièrement. Aujourd’hui, le message que nous portons est différent : nous encourageons les Juifs du monde entier à envisager sérieusement leur alya et à venir participer à la construction de l’État d’Israël du XXIe siècle. »
Des élections législatives doivent se tenir cet automne en Israël. Quel rôle entend-il jouer dans cette campagne ?
« Je suis avant tout le maire de Dimona, ma première responsabilité est envers les habitants de ma ville. Mais je suis également un membre de longue date du Likoud. Le gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou a démontré sa capacité à diriger le pays dans une période extrêmement difficile, marquée par la guerre et de nombreux défis sécuritaires. »
Il compte participer activement à la campagne électorale du Likoud, comme il l’a toujours fait.
« J’irai à la rencontre des citoyens de Dimona, je leur présenterai notre vision pour le Néguev et pour l’avenir de l’État d’Israël, et je continuerai à défendre les intérêts des villes de la périphérie. »
Toutefois, Benny Bitton estime que la meilleure campagne électorale demeure celle des résultats concrets.
« Les citoyens jugent leurs dirigeants sur ce qu’ils accomplissent. À Dimona, nous avons développé la ville, renforcé la sécurité, attiré de nouveaux investissements et amélioré le système éducatif. C’est ce bilan que je présenterai aux électeurs. Je suis convaincu que les prochaines élections porteront avant tout sur les enjeux de sécurité, de développement économique et sur l’avenir du Néguev. »
Avant de conclure, Benny Bitton a tenu à transmettre ce message à notre communauté : « Après le 7 octobre, ma conviction s’est renforcée : l’avenir du peuple juif est en Eretz Israël. Israël doit relever de multiples défis, mais c’est aussi un pays très dynamique, innovant et en pleine croissance. Nous souhaitons accueillir des médecins, des entrepreneurs, des enseignants, des professionnels de la haute technologie… ainsi que toutes les personnes désireuses de participer à notre avenir collectif. Les portes de Dimona leur sont grandes ouvertes. »
Lors de sa visite à Montréal et de sa rencontre dans les bureaux de la CSUQ, Benny Bitton a appris que la CSUQ organisait une mission en Israël à laquelle participeraient plus de 130 jeunes de Montréal. Il a alors invité le groupe à effectuer une visite officielle à l’hôtel de ville de Dimona, où les participants ont été chaleureusement accueillis. Le maire leur a présenté l’histoire, le développement et les enjeux de sa ville, avant de les convier à un déjeuner dans un restaurant situé sur les hauteurs de Dimona, ainsi qu’à un après- midi au Country Club de la ville. Cette expérience a profondément marqué les jeunes de la mission Yahad qui ont été impressionnés par l’accueil exceptionnel qui leur a été réservé.

