Une immersion culinaire et humaine au cœur de Tel-Aviv
À 26 ans, Naomi Ifergan, coordonnatrice des services Jeunes adultes de la Communauté sépharade unifiée du Québec (CSUQ), incarne une nouvelle génération de jeunes professionnels sépharades engagés, dévoués et entreprenants.
Son récent séjour d’un mois à Tel-Aviv, dans le cadre d’un programme culinaire intensif organisé sous l’égide de Birthright, s’inscrit pleinement dans une démarche professionnelle cohérente, nourrie par la curiosité, l’apprentissage et l’ouverture au monde.
Diplômée de l’Université Concordia en programmation – un programme axé sur les jeux vidéo, les applications et les sites Web –, Naomi s’est jointe à l’équipe de professionnels de la CSUQ en janvier 2024.
Elle a d’abord occupé le poste de responsable des réseaux sociaux. Rapidement, son rôle a évolué. Attirée par le contact direct avec les jeunes adultes et la création d’espaces de rencontre, elle s’est tournée vers l’événementiel, un domaine qui mobilise à la fois ses compétences organisationnelles, son leadership et sa capacité à fédérer.
« J’ai commencé à organiser les événements destinés aux jeunes adultes avec ma collègue Janice Silverstein, directrice adjointe aux opérations à la CSUQ. J’ai alors cessé de gérer les réseaux sociaux des différents départements afin de me consacrer exclusivement à l’organisation de ces événements. Je continue toutefois d’assurer la gestion des réseaux sociaux des programmes pour les jeunes adultes », précise-t-elle.
Depuis un an, Naomi occupe cette fonction à temps plein. Son travail exige rigueur, adaptabilité et sens de l’initiative, mais aussi une compréhension fine des attentes d’une jeunesse en quête de réseautages authentiques.
Avant de se joindre à l’équipe de la CSUQ, Naomi était très engagée auprès de la section montréalaise d’Olami, une organisation qui offre des programmes destinés aux jeunes. Olami est d’ailleurs un partenaire majeur des services Jeunes adultes de la CSUQ.
C’est toutefois dans un tout autre univers que Naomi a récemment plongé : la gastronomie. En décembre, elle a participé à un programme culinaire d’un mois en Israël.
Ce programme s’est tenu dans l’une des plus grandes académies culinaires d’Israël, Dan Gourmet, située à Tel-Aviv, reconnue internationalement.
Dix-sept participants issus de communautés juives de la diaspora et cinq Israéliens y ont pris part.
L’expérience combinait cours de gastronomie intensifs et découvertes culturelles.
On y a joint l’utile à l’agréable. Pendant neuf jours, les participants ont suivi des cours de cuisine ; les autres journées étaient consacrées à des excursions, qui leur ont permis de découvrir des sites historiques et des lieux emblématiques de plusieurs villes d’Israël : Tel-Aviv, Jérusalem, Haïfa, Sdérot… Des Shabbaton ont également été organisés.
Les cours se déroulaient en anglais, dans une cuisine professionnelle, sous la direction du chef israélien réputé Eyal Finkelstein.
« C’était une formation très concrète, dans une vraie cuisine sous la supervision d’un chef israélien renommé, avec des exigences élevées. On apprenait en faisant », raconte Naomi.
Les menus cuisinés reflétaient la richesse et la diversité culinaire d’Israël.
« Nous avons cuisiné des mets traditionnels israéliens, mais aussi italiens, marocains… Des grillades, du poisson… Le groupe, très hétérogène, constituait une richesse en soi. Parmi les participants, certains étaient chefs, alors que d’autres n’avaient aucune expérience en gastronomie. Cette diversité a créé une dynamique d’entraide exceptionnelle. Chacun apportait quelque chose au groupe. C’est une expérience qui m’a beaucoup appris sur la collaboration et le leadership », explique-t-elle.
Naomi a partagé cette expérience avec Esther Abikhzer, une Montréalaise de 30 ans, pharmacienne depuis cinq ans, qui a décidé de s’accorder une pause hivernale.
Avant de prendre part à ce programme culinaire, Esther a participé à un programme professionnel organisé par le Magen David Adom.
Le programme culinaire proposé par l’académie Dan Gourmet comportait également une forte dimension immersive.
Logées dans le quartier Florentin à Tel-Aviv, Naomi et Esther ont vécu au rythme effréné de la ville qui ne dort jamais : transports en commun, vie de quartier, gestion du quotidien, interactions constantes avec la société israélienne.
« Ce n’était pas du tout un voyage touristique. Le but était de nous faire découvrir concrètement à quoi ressemble la vie quotidienne en Israël, avec ses aspects agréables et ses côtés plus contraignants », dit Naomi.
« Je suis très heureuse d’avoir pu participer à un programme de gastronomie et de découvertes culturelles aussi enrichissant. L’organisation de celui-ci était impeccable. Bravo à Birthright ! Ce programme nous a également permis de nous immerger dans la vie quotidienne israélienne. Nous allions à nos cours, nous rentrions le soir et nous étions libres. Pendant un mois, nous avons vécu dans la peau de véritables Telaviviens », dit Esther, que nous avons jointe par téléphone à Tel-Aviv.
Le groupe comprenait également plusieurs Israéliens, ce qui a facilité les échanges.
Malgré un contexte géopolitique tendu, Naomi et Esther décrivent un environnement sécurisant et une population résiliente, une réalité qui les a beaucoup marquées sur le plan humain.
« Honnêtement, je n’ai pas ressenti la guerre. Les Israéliens vaquent à leurs occupations quotidiennes et mènent une vie normale », confie Naomi, tout en mentionnant que son vol de retour à Montréal a été annulé à trois reprises en raison des tensions régionales.
Elle recommande toutefois ce type de programme avec discernement.
« Je le recommande à 100 % à des jeunes qui sont déjà allés en Israël dans le cadre d’autres programmes. C’est une expérience inédite et marquante. »
Pour Esther, cette immersion dans la société israélienne a nourri une réflexion plus intime :
« Je voulais comprendre ce que signifie habiter en Israël, pas seulement le visiter. »
Entre cuisine, rencontres et questionnements identitaires, l’expérience vécue par Naomi et Esther illustre le désir d’une jeunesse juive de vivre Israël autrement, dans le quotidien et l’authenticité.
