Les grands atouts de la Congrégation Hékhal Shalom
Fondée en 1983, la Congrégation Hékhal Shalom, qui sert la communauté sépharade de Saint-Laurent, compte une centaine de membres.
La vie synagogale a grandement changé, constate le rabbin Jérémie Asseraf, leader spirituel d’Hékhal Shalom depuis cinq ans.
« Aujourd’hui, on voit de plus en plus de pratiques d’oratoire. Il y a plus de beth hamidrash (lieux d’étude de la Torah) que de beth haknesset (synagogues). Avant, on avait des beth haknesset qui abritaient des beth hamidrash. Désormais, ce qui prédomine, ce sont des oratoires de Torah, un rav qui propose des séances d’étude. L’étude de la Torah a pris un essor important. On ne peut que s’en réjouir. Il y a encore quelques années, le centre du judaïsme, c’était essentiellement la synagogue. Aujourd’hui, on a délaissé un peu le côté synagogal, c’est-à-dire quand on se retrouvait pour la prière à l’ancienne. »
Hékhal Shalom a plusieurs grands atouts, souligne David Alloune, président, élu en décembre dernier.
- Elle est la seule synagogue de Saint-Laurent à être dotée d’un mikvé, utilisé par les femmes, les hommes et pour la tévilat kélim (purification des ustensiles).
« Notre mikvé est une pierre angulaire de notre communauté et nous permet de jouer un rôle essentiel au service d’une vie pleinement juive à Saint-Laurent. » - Elle bénéficie des grandes compétences d’un rabbin, Jérémie Asseraf, et d’un hazan, Jonathan Amar, chevronnés, jeunes, dynamiques et très motivés.
- Pouvoir compter sur une kéhila qui valorise les valeurs fondamentales du judaïsme, notamment l’importance de la famille, l’entraide et la tsédaka pour les membres les plus nécessiteux de notre communauté.
Encourager les jeunes et les jeunes familles à participer activement à la vie synagogale, c’est une grande priorité pour David Alloune et le rabbin Jérémie Asseraf.
« Notre rabbin et notre hazan assument remarquablement bien leurs fonctions respectives. Ils travaillent en partenariat pour transmettre un enseignement de la Torah de haut niveau, et surtout accessible aux jeunes familles membres de notre congrégation. »


« C’est souvent difficile de s’impliquer sur le plan communautaire quand on a la charge d’une jeune famille et des responsabilités professionnelles prenantes, reconnaît David Alloune. Mais si on veut assurer la pérennité de notre communauté et de notre identité sépharade, l’engagement communautaire est un devoir capital. C’est pourquoi nous encourageons fortement les jeunes à s’impliquer dans la vie communautaire et dans leur synagogue. »
Le conseil d’administration d’Hékhal Shalom compte plusieurs jeunes adultes.
Des programmes et des activités rassembleurs sont proposés aux jeunes familles.
En mai dernier, 170 personnes, majoritairement des jeunes, ont participé à un Shabbaton.
« L’esprit familial est l’un des principaux socles de la vie synagogale. La synagogue n’est pas seulement un lieu de prières, c’est aussi l’endroit où un père vient suivre avec son fils un cours de Torah, où une mère vient avec sa fille pour aider à organiser un événement ou une hafrachat halla. C’est l’endroit où, à l’occasion d’un Shabbaton, des liens d’amitié se tissent entre les familles », rappelle David Alloune.
Les femmes jouent aussi un rôle important à Hékhal Shalom. Elles organisent des événements, supervisent l’organisation du mikvé et participent aussi aux prises de décision et aux initiatives du conseil d’administration – Léa Moati et Sylvia Alloune, deux bénévoles remarquables, y siègent.
La transmission et la préservation du riche héritage religieux sépharade sont une préoccupation constante des dirigeants d’Hékhal Shalom, congrégation de rite sépharade marocain.
L’enseignement de la Torah occupe une place majeure. Des cours sont dispensés, en semaine et le Shabbat, à un public mixte par le rabbin Jérémie Asseraf. Le hazan Jonathan Amar encadre les jeunes dans leur apprentissage des chants liturgiques sépharades.
« Encourager les jeunes à suivre des cours de Torah, c’est fondamental, parce que ces derniers sont les garants de la perpétuation des traditions religieuses et liturgiques sépharades et des valeurs portées par notre sainte Torah », dit le rabbin Jérémie Asseraf.
Grâce aux fonds recueillis lors des dernières campagnes de financement, un plan ambitieux de rénovation de la synagogue sera mis en branle prochainement.
La première phase de celui-ci prévoit : l’aménagement d’un espace pour les enfants, l’embellissement de la salle de fêtes, la réfection des bassins du mikvé, la reconfiguration du site Web, le réaménagement de l’espace administratif…
La deuxième phase, en 2026, prévoit la rénovation de la salle de prières principale et du beth hamidrash.
« On allouera bien sûr des fonds à des programmes visant à promouvoir l’étude de la Torah et à favoriser un rapprochement entre nos jeunes. Les rénovations ont pour but d’aménager nos espaces pour que ces programmes se déroulent dans un cadre accueillant et moderne », explique David Alloune.
Dans un monde de plus en plus globalisé culturellement, maintenir son identité est certes un défi de taille, estime le rabbin Jérémie Asseraf.
« Dans une ère de changements sociaux et technologiques profonds, le grand défi aujourd’hui pour l’humain, c’est d’arriver à retrouver ses racines, qui souvent sont en voie de dépérissement. Nous vivons dans une société où, par exemple, la famille est désacralisée – le nombre sans cesse croissant de divorces est une preuve patente de ce phénomène délétère. Le message que je veux transmettre à notre communauté est que la synagogue n’est pas uniquement un lieu de culte, celle-ci constitue aussi une sorte de famille. Aujourd’hui, le terme « fidèle » perd de son importance et de sa signification. À Hékhal Shalom, cette signification a encore un sens important. Depuis que j’exerce la fonction de rabbin, j’ai toujours essayé d’encourager nos coreligionnaires à être fidèles à leur communauté et à leur congrégation. À Hékhal Shalom, ils ne retrouvent pas seulement une synagogue, mais aussi une famille chaleureuse. »
David Alloune entrevoit avec optimisme les années à venir.
« Nos défis sont grands, mais notre espoir en un avenir prometteur est aussi grand. Les gens de ma génération, dans la quarantaine, sont à un moment charnière où il est impératif qu’ils s’engagent dans leur communauté pour assurer la continuité de celle-ci. C’est important aussi que les anciens membres d’Hékhal Shalom, qui ont grandi dans cette synagogue, continuent de nous rendre visite et de nous appuyer. C’est une grande responsabilité que nous ne pouvons pas esquiver. La pérennité de la mission des fondateurs de notre synagogue en dépend. »
