Elles et Ils ont publié

PAR Sonia Sarah Lipsyc

 

Ariel Toledano, Réflexions talmudiques par temps d’épidémie. Édition In Press, 2020
L’auteur, médecin vasculaire ou angiologue et enseignant, que nous avons eu le plaisir de recevoir à ALEPH, il y a quelques années, animé d’un esprit de vulgarisation, décline avec érudition, l’art de la médecine et du judaïsme sous différents titres, tous parus dans la même maison d’édition. Jugez-en par vous-mêmes : La Médecine du Talmud, Médecine et Kabbale, Médecine et Bible, La médecine de Maïmonide et la Médecine de Rachi ou pour une approche humaniste du soin, etc. Dans ce court et dernier ouvrage, il puise aux sources de la sagesse juive et des sciences pour nous aider à traverser avec conscience, prudence et optimisme ces temps difficiles. Une méditation pertinente à la portée de tout un chacun.

 

 

 

 

Laurent Sagalovitsch, Le temps des orphelinsBuchet-Chastel, 2019
D’ascendance sépharade et ashkénaze, cet auteur d’origine française vit depuis quelques années à Vancouver (Canada). Il nous propose ici déjà son septième roman, d’une écriture à la fois fluide, fine et puissante. Une réflexion sur la Shoah de la part de quelqu’un de cette génération née des années après la guerre, au travers des émotions et interrogations de Daniel, un rabbin américain qui s’est engagé dans les troupes alliées et qui découvre l’horreur, l’inédit et l’impensable des camps de concentration et d’extermination en Allemagne. Il ne sortira pas indemne de cette vision d’une humanité décharnée, se sentira au bord du divorce avec Dieu et révolté par l’indifférence pour ne pas dire la complicité des habitants aux alentours des camps ou d’autres citoyens que Géraldine Schwarz a si bien analysée dans les Amnésiques, (Flammarion 2019). L’idée de ce texte est peut-être née d’une histoire vraie celle du rabbin Herschel Schacter qui découvrit en avril 1945 à Buchenwald, un jeune garçon de 7 ans, Benny Lau dit Lulek et qui deviendra plus tard, l’un des Grands Rabbins de l’État d’Israël.

 

 

 

René-Samuel Sirat. Itinéraire d’un enfant juif d’AlgérieAlbin Michel, 2020
Quel plaisir de lire le parcours de René-Samuel Sirat qui fut Grand Rabbin de France, succédant en 1980 au grand Rabbin Kaplan. Né en Algérie à Bonne, dans une famille à la fois pratiquante et dont le père, français comme tous les Juifs d’Algérie depuis le décret Crémieux (1870), a servi sous les drapeaux et combattu durant la Première Guerre mondiale; il nous fait découvrir ce judaïsme algérien, ses grandes figures comme le Grand Rabbin Rahamim Naouri et ses coutumes. Monsieur Sirat, âgé maintenant de 90 ans et qui vit en Israël, fut et reste un éducateur qui sut conjuguer le rabbinat avec l’enseignement universitaire et le dialogue entre les religions. Il relate, tout au long de cet ouvrage qui se lit pratiquement d’une traite, tous les défis auxquels il a été confronté du Carmel d’Auschwitz à la création d’une chaire à l’UNESCO sur l’enseignement de la Paix.  Il nous fait part dans un langage toujours fleuri d’expressions bibliques (un régal) et dans un esprit de rigueur et d’ouverture, de ses réflexions sur les problématiques du judaïsme contemporain comme la cohabitation des religieux et des laïques en Israël, ou la nécessaire évolution de la loi juive face aux défis modernes, notamment celui du statut des femmes. Le mot qui vient à l’esprit tout en lisant ces pages, c’est « Respect ».

 

 

 

 

Jacquot Grunewald, Israël sur sa terre : Ce qu’en disent les Palestiniens. Édition Tsipa Laor
Les narratifs, on le sait, se bousculent au Moyen-Orient au sujet de cette terre d’Israël dont le rabbin et journaliste Jacquot Grunewald rappelle qu’elle a  la taille de trois départements français : « 28 000 km2 (…), soit, moins d’un pour cent de la superficie de l’Algérie (…) un tout petit pays parmi les cinquante-sept États musulmans, parmi lesquels les vingt-sept pays arabes (…) ».
D’une plume acérée et lucide empreinte d’humour et d’humanisme, l’auteur déconstruit avec maestria ou tout simplement bon sens quelques-uns de ces dénis ou manquements palestiniens qui ont empêché à quelques reprises une paix de s’installer dans cette partie tumultueuse du monde; égarement auquel adhèrent parfois (trop souvent?) les médias occidentaux. Il rappelle ainsi le déni des leaders palestiniens quant au fait de considérer les Juifs comme un peuple ayant un lien avec… la terre d’Israël depuis l’Antiquité et même avec Jérusalem (cf. par ex. aux propos d’Arafat au Président Clinton à Camp David, p. 38);« Penser l’impensable, » une lettre à Ibrahim, conclut cet ouvrage à mettre dans toutes les mains de personnes soucieuses de mieux comprendre ce conflit qui, s’il était résolu, servirait de paradigme à tout autre conflit préfigurant ainsi une ère de paix dans le monde. Disponible aussi en version numérique.
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