MOT DU PRÉSIDENT – AVRIL 2018

Ce n’est pas mon dernier mot au sein de la communauté, mais mon dernier « mot du président » puisque mon mandat se termine en juin 2018. Voici quelques développements qui ont eu lieu depuis le dernier LVS, du mois de décembre.

Le lancement du Réseau mondial du judaïsme d’Afrique du Nord a eu lieu en novembre 2017 à Jérusalem, sous le parrainage de Daniel Amar de Genève. La CSUQ a été l’instigatrice et l’organisatrice de cet évènement qui a rassemblé une quarantaine d’intellectuels, leaders communautaires sépharades venus de France, d’Israël, du Maroc, des États-Unis, du Canada. Chacun des participants devait présenter au préalable son point de vue sur l’état du patrimoine identitaire sépharade sous ses différents aspects (histoire, éducation, culture, communautés, spiritualité, transmission) et proposer quelques éléments de solutions. Durant les deux jours intensifs passés ensemble, les échanges ont été fructueux. Nous avons pu constater toute la richesse de notre patrimoine identitaire qui est inconnu de la grande majorité de nos Sépharades et presque totalement inconnue de nos frères juifs ashkénazes.

La question se pose : si toute cette richesse n’est pas connue et divulguée, qu’en restera-t-il dans une génération? L’on peut aussi rêver et envisager que si la richesse de notre patrimoine faisait partie du cursus des écoles juives, ashkénazes et sépharades, nous pourrions forger une communauté plus riche de son héritage juif.

Ce n’est certainement pas la première tentative de rassembler les forces vives sépharades éparpillées partout au monde pour sauvegarder et promouvoir notre patrimoine identitaire. Mais cette fois, le temps est un facteur important, car les porteurs du flambeau sont moins nombreux. Ce sont ces derniers qui ont mis la reconnaissance de notre héritage à l’ordre du jour de toutes les communautés de tous les pays. Et le plus récent est la commission Bitton, qui a remis ses conclusions au ministre de l’Éducation d’Israël, il y a moins de 3 ans de cela. Finalement l’on reconnaît que les Sépharades ont un riche patrimoine qui mérite de faire partie du cursus des écoles d’Israël! Nous sommes rendus à la quatrième génération après l’exode de nos pays d’origine, c’est là où tout peut se jouer, et je garde l’espoir que les jeunes générations porteront très haut le flambeau.

Il est donc impératif de nous organiser au niveau local et mondial pour cette cause.

L’objectif d’un réseau mondial serait de préserver, promouvoir et diffuser notre patrimoine identitaire, notre histoire et notre héritage. L’idée consiste à mettre en place une plateforme afin de connecter des communautés, des institutions, des organismes et des individus partout au monde.

Cette plateforme commune servira d’échange, de collaboration, d’identification de problématiques et de solutions. Elle permettra de relier les leaders d’institutions et des personnes-ressources partout au monde. Merci à David Bensoussan d’avoir joué un rôle clef dans l’organisation des travaux et des échanges de ces deux journées de réflexions.

Le Festival Séfarad de Montréal (FSM) et le Festival du Cinéma Israélien de Montréal (FCIM) continuent de marquer le panorama culturel de Montréal et affirment notre présence en tant que communauté active au sein de la cité québécoise. Ainsi, le Festival Séfarad 2017 a connu un grand succès avec une participation de plus en plus grande et une programmation plus variée touchant la jeune génération. Plus de 4 000 participants, plus de commanditaires, et presque un déficit zéro. Bravo à Dave Dadoun, Président du comité du FSM et à toute son équipe.

Le FCIM 2017 a connu également un énorme succès avec plus de 3 000 participants, et la programmation 2018 est très prometteuse. Toutes nos félicitations à Chantal et Gérard Buzaglo et à leur équipe.

Les professionnels du Département Jeunesse, Benjamin Bitton, Eric Choukroun, Sarah Mimeran, Sabine Malka et les bénévoles ont donné une vigueur toute particulière aux programmes jeunesse. Le camp d’hiver, Kif Kef, celui qui se tient durant la relâche scolaire, le camp Benyamin, l’école de ski sont tous en marche et la plupart affichent complet. Nous misons sur la qualité de la programmation ainsi que sur les moniteurs qui ont suivi une formation d’animateurs. Le programme pour jeunes adultes Yahad, voyage en Israël, été 2017, a connu un succès retentissant. L’on prévoyait attirer une trentaine de participants, nous avons été forcés de refuser des inscriptions après en avoir accepté une cinquantaine. Yahad est devenu un programme annuel et tout est en place pour une autre superbe expérience pour nos jeunes en 2018.

La formation des cadres 2017-2019 est bien partie avec plus de 35 participants dont le groupe d’âge est de 26-35 ans. Bravo Sarah!

Votre magazine LVS est de plus en plus apprécié par nos lecteurs grâce à la qualité des articles et des thèmes choisis. Le site du LVS, mis en ligne sur lvsmagazine.com/ est de surcroît bien fréquenté. Bravo à notre rédactrice en chef, Sonia Sarah Lipsyc ainsi qu’à la graphiste Elodie Borel et au webmestre Wei Song.

À la demande des membres de notre communauté, le programme de Nouvel âge est relancé sous le leadership bénévole de Gilberte Cohen Scali. C’est un programme complémentaire à celui existant au Cummings, avec une programmation qui convient mieux à un certain groupe de notre communauté.

En fin de mandat, l’essentiel de mes réflexions se résume ainsi :

  • Il est essentiel de garder notre entité communautaire, d’avoir notre propre programme qui défend les intérêts fondamentaux de notre communauté et qui assure la pérennité de notre communauté.
  • Il est impératif de garder le focus sur la vraie raison d’être de notre communauté qui est de préserver, de valoriser et de diffuser notre patrimoine identitaire. Nos écoles, nos synagogues, nos programmes éducatifs et culturels sont les meilleurs moyens de perpétuer notre riche héritage identitaire.
  • Nous sommes une communauté de plus de 25 000 personnes, soit plus de 25 % de la communauté juive. Nous avons un devoir envers nos institutions, en particulier nos écoles qui ont besoin d’un grand soutien. Que deviendront les 40 % de nos enfants qui ne fréquentent aucune école juive? Que devons-nous faire pour eux? Pour leurs parents?
  • Faire participer davantage les jeunes générations afin d’assurer la relève, au niveau des instances communautaires, des programmes jeunesse, du soutien aux personnes vulnérables, des programmes culturels, etc. Partager avec eux l’expérience de l’enrichissement par le bénévolat.

Après un épisode où ses programmes furent démantelés suite à une tentative de fusion, je peux dire que la CSUQ a repris son envol. Celui-ci se poursuivra et prendra de l’ampleur tant que toutes nos actions demeurent orientées vers la préservation de notre patrimoine identitaire, le renforcement de nos institutions (écoles et synagogues), nos programmes pour les jeunes, notre solidarité envers les plus démunis de la communauté… im en ani li mi li ? « Si je ne me prends pas en charge, qui s’occupera de moi? » 1 Il est temps pour une communauté vibrante de plus de 25 000 personnes de nous prendre en main au sein de notre belle communauté juive. Oui, nous devons contribuer à l’Appel Juif, cependant, il est temps que la communauté sépharade organise sa propre collecte de fonds pour assurer son développement, son épanouissement, son avenir.

Finalement, j’aimerais exprimer toute ma gratitude aux bénévoles, membres du CA, comités de travail, à toutes celles et tous ceux qui répondent présents, à tous nos professionnels dont le dévouement est exemplaire : Daniel Amar, Benjamin Bitton, Tobby Benlolo, Eric Choukroun, Sabine Malka, Sonia Sarah Lipsyc, Raphaël Assor, Sarah Mimeran, Marc Zilbert, Elodie Borel, Wei Song, Danielle Kessous, Agnès Castiel, et Michaela Pascal.

Hag Pessah casher ve sameah. Bonne fête de Pessah!

 

Henri Elbaz,
Président, CSUQ

 

Notes:

  1. Maximes des Pères, 1 ; 14
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