MOT DU PRÉSIDENT : SEPTEMBRE 2017

Il est temps que
notre communauté
se prenne en main !

Chers amis,

Les leaders sépharades à travers le monde qui nous visitent sont toujours émerveillés de voir une communauté sépharade vibrante avec ses institutions, ses programmes, ses écoles. Ils remarquent que nous sommes la seule communauté sépharade structurée dans le monde. Ailleurs, y compris en Israël, il y a des organisations sépharades, mais pas de communauté structurée.

La vision de nos premiers leaders était remarquable : ils ont mis en place une école, des programmes, un centre communautaire desservant tous les âges, de la garderie aux aînés, des constituantes régionales, un Rabbinat pour assurer le leadership spirituel et bien  plus.

Cette vision d’une communauté structurée demeure centrale, tout le potentiel est là et il ne tient qu’à nous de renforcer nos institutions et de bâtir une communauté à notre image. Nous représentons plus de 25 % de la communauté juive de Montréal, et nous  avons un rôle clef à jouer dans son avenir. Il faut voir dans la mission de la CSUQ, un complément plutôt qu’une duplication.

Après quatre générations, nous voulons connaître la vision de la jeune génération quant à l’avenir de la communauté et à la façon dont elle veut contribuer à son édification. Un forum se tiendra en septembre pour traiter de cette question.

Au cours des douze derniers mois, nous nous sommes attelés à renforcer les assises de la communauté, sa gouvernance, l’assainissement des finances, à remettre des programmes en marche, à augmenter le nombre de participants ainsi que la qualité et la satisfaction des usagers.

Une bonne gouvernance et ses comités de travail sont essentiels pour toute organisation. Elle doit inclure des leaders visionnaires et déterminés à mener notre communauté vers des sommets plus hauts. Nous poursuivons nos efforts pour mobiliser les jeunes, pour porter et passer le flambeau aux futures générations.

Notre comité de planification a jeté un nouveau regard sur les recensements canadiens de 2001 à 2011 1. Parmi les conclusions qui attirent notre attention, 40 % des enfants sépharades ne fréquentent aucune école juive. Un fort pourcentage de jeunes familles habitent les municipalités de Verdun, Lachine, LaSalle, de la Rive-Nord et de la Rive-Sud, loin des écoles et des institutions juives. Plus de 18 % de notre population vit sous le seuil de la pauvreté. 37 % de familles monoparentales dirigées par des femmes vivent également sous le seuil de pauvreté. Notre population est vieillissante : aujourd’hui, la moyenne d’âge des Sépharades est supérieure à celle des Ashkénazes. Or, le vieillissement s’accompagne parfois du drame de l’isolement et de la vulnérabilité des personnes âgées vivant seules.

Si l’on mettait nos priorités en ordre, je dirais qu’il y a urgence de renforcer notre réseau scolaire (Maïmonide, Yavné) : de leur assurer un financement adéquat et stable; d’aller chercher une partie des quelque 1 500 enfants sépharades qui ne fréquentent pas l’école juive. Notre réseau scolaire se doit de viser l’excellence et l’accessibilité pour préparer nos enfants à l’économie de demain.

Miser sur notre jeunesse, c’est investir dans notre avenir. Le département jeunesse a repris de l’ampleur : le nombre de participants a augmenté pour  le voyage en Israël Yahad, les camps d’été Benyamin et d’hiver Kif Kef, la relâche scolaire. Ce succès s’explique par la qualité des activités, du personnel et des animateurs. Ces activités fournissent aux jeunes un cadre propice pour leur épanouissement personnel. 

Le programme Hessed, sous le leadership de Sam Cohen Scali et de Marc Kakon, fournit plus d’aide comparativement à l’an passé. La commission des affaires sociales se penchera sur les impacts de la pauvreté, particulièrement quand elle touche les enfants et les adolescents. Notre défi est de briser le cycle de la pauvreté pour leur assurer un avenir meilleur.

Au niveau culturel, le Festival Sefarad et celui du cinéma israélien ont connu un succès sans précédent grâce au leadership de Dave Dadoun, ainsi que de Chantal et Gérard Buzaglo. Au total, plus de 7 000 personnes ont participé à ces deux évènements. Notre magazine LVS/La Voix Sépharade est de plus en plus apprécié par nos lecteurs grâce à notre rédactrice en chef Sonia Sarah Lipsyc qui a également organisé toute une série de conférences destinées au grand public.

La CSUQ est une belle réalisation et nous avons encore bien du chemin à couvrir. Cependant, une réalité nous interpelle  tous : la FCJA a coupé 20 % de notre allocation de base, et nous anticipons à l’avenir d’autres coupures. La CSUQ ne reçoit qu’une fraction du montant collecté par l’Appel Juif sépharade.

Si on pense aux besoins de nos écoles, de nos jeunes, des personnes vulnérables, de nos aînés qui vivent dans l’isolement, n’est-il pas temps que  la Communauté Sépharade du Québec se réinvente et s’organise en fonction de ses intérêts pour assurer la pérennité de ses traditions, une éducation de qualité, la préservation et l’épanouissement de notre culture et de nos valeurs juives et sépharades ainsi que la pérennité de la langue française ? Pour ce faire, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.

Tahel shana oubirkhoteha, que la nouvelle année commence avec ses bénédictions pour vous et vos familles. Je souhaite que notre travail porte fruit, nous rapproche les uns des autres et forge des amitiés durables et solides. Faisons en sorte que toutes nos énergies soient canalisées vers le bien au service de notre communauté.

 

Henri Elbaz,
Président, CSUQ

 

Notes:

  1. Voir Charles Shahar, « Enquêtes auprès des ménages. 2001-2011 », http://www.jewishdatabank.org/Studies/downloadFile.cfm?FileID=3248